Jui 21 2012

Portrait d’une passion : La pêche traditionnelle en Loire

Bréhémont est traditionnellement connu pour son port, la pêche et ses pêcheurs et la richesse en poissons sur notre commune.

Les poissons de nos rivières :

Les-echos26-3Jusqu'au 19e siècle, la Loire était abondamment fréquentée par un grand nombre de poissons. On y trouvait de nombreuses espèces : perche, flet, lotte, goujon, carpe, alose, brochet, anguille, saumon, gardon, brème. Les nombreux aménagements des cours d'eau à partir du 19e siècle (barrages), la dégradation de la qualité des eaux et l'exploitation non raisonnée de ces ressources ont malheureusement eu un impact fort sur ces populations. Certains poissons ont disparu de nos rivières : les plies ou flets, les poissons-chats, les épinoches et les lottes. Le territoire de Bréhémont est un territoire très apprécié pour ses zones humides qui favorisent les fraies (reproduction des poissons). On y trouve toutes les espèces.

Depuis 2 ou 3 ans, la qualité de l’eau semble s’améliorer ce qui permet le retour de certains poissons, tels le goujon et l’arrivée d’espèces de poissons bouvières : les aspes qui ressemblent aux chevesnes, les lamproies, les mulets en hiver, sans compter l’arrivée importante des silures. Dans les années 75-80, les silures mesuraient environ 20 cm. Les plus gros aujourd’hui peuvent atteindre 120 kg pour 2,50 m et plus. Les silures sont des poissons invasifs, mais ne sont pas classés comme nuisibles, cependant la Fédération préconise leur diminution.

Printemps 2012 : Pour limiter le retour des silures, l’État (via la DDT) a mandaté les pêcheurs aux engins de les capturer en utilisant un filet à réguler, filet de type tramail de 25 mètres (maille de 13 cm – grandes mailles pour « filtrer » les silures).

Les migrations des poissons :

Quand l’aubépine est en fleurs, les anguilles remontent les rivières.

Ce dicton illustre bien la migration des poissons. Si l’anguille est un poisson migrateur, d’autres poissons fréquentent la Loire : tels les saumons, les aloses, les mulets. Les saumons remontent la Loire de décembre à fin mars dans notre région ; ce sont des migrateurs d’hiver ; leur capture est interdite. Les aloses sont des migrateurs de printemps. Elles étaient très appréciées par les habitants de Bréhémont à cause de leur goût de poisson de mer (« grosse sardine »). Les mulets de mer remontent aussi la Loire et arrivent de plus en plus tôt à Bréhémont (fin février au lieu de fin mars début avril).

L’anguille a longtemps été un poisson très prisé pour la consommation et la restauration. Les menus de fête se composaient souvent « d’anguilles à la brémontaise » ou de matelote d’anguilles. Jusqu’en 2008, il n’y avait pas de période de fermeture pour la pêche aux anguilles. Aujourd’hui, la capture d’anguille est fermée globalement 6 mois de l’année. Elle se fait toujours avec des nasses ou des lignes de fond et devient très rare.

Les engins de pêche :

La pratique de la pêche aux engins fait partie du patrimoine de Bréhémont. Un grand nombre d'engins traditionnels correspondent à différentes méthodes de capture de poissons. On trouve ainsi : des filets fixes (verveux ou foudraie, des nasses) des filets mobiles (épervier, carrelet). Le foudraie (nom local) est l’engin emblématique des bords de Loire. Il était confectionné en chanvre à l’origine, avec des armatures en bois, « les cougnoux » puis en coton et ensuite en fils synthétiques. C’est en fait une nasse pliable. Toutes sortes de poissons peuvent être pris dans les foudraies.

Les-echos26-4Les nasses à anguilles : à l’origine en osier, sont fabriquées en plastique aujourd’hui. Elles sont tendues 6 mois dans l’année. Seuls les pêcheurs aux engins sur la Loire sont autorisés à les utiliser dans une limite de 3. Jusqu’en 1984, la règlementation fixait la limite à 6 nasses par pêcheur.

Les pêcheurs aux engins pratiquent sur la Loire, le territoire de pêche est divisé en lots. C’est la D.D.T (ancienne Direction Départementale de l’agriculture) qui fixe et gère le nombre de licences par lot. Le lot de Bréhémont est le I 3. Il compte18 licences, mais seulement 16 pêcheurs : la corporation de pêcheurs aux engins recherche donc des adeptes…

La licence se renouvelle chaque année auprès de la DDT, est soumise à cotisation, mais la Loire étant du domaine public, une taxe est payée en sus à l’État. Sur les 4 rivières de la Touraine, la Maille Tourangelle a compté autrefois jusqu’à 500 pêcheurs aux engins. Elle en compte aujourd’hui 192.

Les habitudes de vie.

Une habitude fort répandue dans notre commune, comme dans toutes les zones humides, était « la braconne » : au printemps, au temps des crues, les eaux envahissaient les terres ; les gens allaient braconner dans les prés couverts d’eau. Dans les lanes et les fossés, les hommes posaient des foudraies et des tambours. C’était un moyen de subsistance, pour trouver à manger ou bien pour revendre les poissons. Les frayères naturelles étaient nombreuses, mais ont disparu avec la diminution des crues.

La friture de Loire reste abondante. Seuls les pêcheurs professionnels sont autorisés à la commercialiser, et peu de restaurants en bénéficient. Pourtant, petits gardons, ablettes et goujons ne sont pas rares. Alors armez-vous d’une ligne fine, un asticot, un peu d’amorce, vous serez surpris… vous passerez un bon moment et après un bon repas !

Renseignements fournis par Dominique Chauvreau. Pêcheur en Loire.

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